Cancers ORL : une analyse secondaire sur les données de l’étude NIVOPOSTOP confirme le bénéfice de l’immunothérapie post-chirurgie

Publiée en début d’année 2026, l’étude NIVOPOSTOP fait évoluer la prise en charge des cancers ORL, en démontrant un bénéfice à ajouter de l’immunothérapie (nivolumab) en situation post-opératoire chez les patients à haut risque. Une analyse secondaire menée sur plus de 660 patients démontre que l’étendue de la chirurgie ganglionnaire n’a aucun impact sur les résultats.

Le cancer de la tête et du cou (ou cancer ORL) regroupe des tumeurs malignes de la bouche, du pharynx, du larynx ou des sinus, dont les principales causes sont le tabac et l'alcool. Le traitement des cancers de la tête et du cou localement avancés reposait jusqu’à récemment sur la chirurgie en première intention, suivie d’une radiothérapie, parfois associée à la chimiothérapie. 

L’immunothérapie a également fait ses preuves sur ce type de tumeurs, notamment suite à l’étude NIVOSTOP, publiée en 2025. Cependant, l'immunothérapie agissant sur le système immunitaire, certains médecins craignaient qu'une ablation chirurgicale trop étendue des ganglions, qui sont essentiels aux défenses immunitaires, ne diminue l'efficacité de ce traitement.

Pour vérifier cette hypothèse, les dossiers de plus de 660 patients ayant participé à l'étude NIVOPOSTOP ont été analysés. Les chercheurs ont comparé les patients ayant subi une ablation des ganglions d'un seul côté du cou avec ceux ayant eu une ablation des deux côtés, ainsi que le nombre total de ganglions retirés. L'analyse a prouvé que l'étendue de l'opération chirurgicale n'impacte pas négativement l'efficacité de l'immunothérapie. L’immunothérapie reste tout aussi efficace pour prolonger la survie sans rechute des patients, que les ganglions aient été retirés d'un seul côté ou des deux côtés. Le traitement fonctionne également de manière optimale même chez les patients à qui l'on a retiré un très grand nombre de ganglions. L’étude permet de conclure qu’il ne semble pas nécessaire de limiter ou de réduire l'étendue de la chirurgie ganglionnaire sous prétexte qu'une immunothérapie sera administrée par la suite. Les patients peuvent donc bénéficier de l’association d’une chirurgie optimale et d’une immunothérapie sans perdre de chances de guérison. « L'analyse secondaire de l’étude NIVOPOSTOP montre que l'efficacité du nivolumab en adjuvant de la chimio-radiothérapie après chirurgie des cancers ORL n'est pas altérée par l'étendue du curage ganglionnaire (unilatéral, bilatéral ou retrait de plus de 39 ganglions). Pour le patient, cela confirme que le bénéfice de l'immunothérapie est conservé sans avoir à compromettre la rigueur du geste chirurgical. » Dr Ariane Lapierre, médecin en radiothérapie et oncologie de l’hôpital Lyon Sud.

Les résultats de cette étude, qui ont un impact sur les décisions de traitements chez les patients atteints de ces cancers avancés, ont été présentés au congrès annuel de l’ASCO par le Dr Ariane Lapierre.
 

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Le congrès annuel de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) 2026 s'est tenu du 29 mai au 2 juin 2026 à Chicago (États-Unis)