La radiothérapie interne vectorisée démontre sa supériorité dans les tumeurs neuroendocrines digestives par rapport aux thérapies ciblées

Une équipe transdisciplaire des HCL, incluant deux oncologues, un médecin nucléaire et une radiopharmacienne, a récemment participé à deux études démontrant l’efficacité de la RIV dans les tumeurs neuroendocrines digestives. Les résultats ont été publiés dans les prestigieuses revues The Lancet et The Lancet Oncology.

Les tumeurs neuroendocrines digestives sont des cancers rares (environ 1 nouveau cas par an pour 100 000 personnes), dont la prise en charge est complexe. Jusqu’à présent, le traitement consiste en des thérapies ciblées anti-tumorales avec des effets secondaires importants. Une autre option thérapeutique existe : la radiothérapie interne vectorisée (RIV), qui utilise une molécule radioactive pour cibler et détruire les cellules tumorales, présentant une efficacité similaire et moins d’effets secondaires.

L’essai COMPETE1, publié dans la prestigieuse revue The Lancet a comparé deux traitements pour les tumeurs neuroendocrines gastro-entéro-pancréatiques (TNE-GEP) métastatiques ou non opérables : la RIV avec le 177Lu-edotréotide et l’évérolimus, un médicament plus ancien, qui est une thérapie ciblée anti-tumorale donnée habituellement à partir de la 2ème ligne thérapeutique. Les résultats sont très positifs en faveur de la RIV avec un meilleur contrôle tumoral et un allongement du délai sans progression de la maladie par rapport à ceux traités avec l’évérolimus (23,9 vs 14,1 mois). Il y a aussi une plus grande diminution de la tumeur sous RIV que sous évérolimus (réponse objective de 21,9% vs 4,2%). La RIV est également mieux tolérée, avec moins d’effets secondaires.

L’essai OCLURANDOM2 comparait, quant à lui, la RIV au sunitinib dans les TNE pancréatiques métastatiques ayant reçu au moins un traitement antérieurement. Le bénéfice est net en faveur de la RIV avec un doublement du taux de patient sans progression à 1 an (80,5 vs 41,9%), associé à une meilleure qualité de vie. Cette étude vient confirmer l’intérêt de la RIV dans cette population.
En conclusion, pour les tumeurs neuroendocrines digestives, dans une situation de deuxième ligne de traitement, la RIV semble être plus efficace et mieux tolérée que les traitements de référence, l’évérolimus ou le sunitinib. Il existe cependant des difficultés de remboursement pour ce type de traitement dans certaines situations, ce qui limite pour l’instant son accès pour certains patients ayant une tumeur neuroendocrine pancréatique en particulier. Les résultats de cette étude viennent enrichir les arguments en faveur de l’accès à la RIV. 

« Jusque-là, la RIV avait démontré son efficacité par rapport aux analogues de la somatostatine. Ces deux études, COMPETE et OCLURANDOM, démontrent dorénavant la supériorité de la RIV par rapport à un traitement de référence de type thérapie ciblée (évérolimus ou sunitinib) ; C’est plus efficace mais aussi mieux toléré, ce qui permet une meilleure qualité de vie des patients sous RIV » Pr Thomas WALTER, chef de service d’oncologie médicale et président du Groupe d’Etude des Tumeurs Endocrine (GTE) 

« Les HCL, grâce à sa structuration, la labellisation récente du centre théranostique et l’ensemble des acteurs de la RIV, permettent ces très beaux résultats : nous sommes dans les tops 2 mondiaux pour inclure ces patients dans ce type d’essai clinique ! C’est notamment via la réalisation de ce type d’étude que la RIV pourrait être remboursée dans les tumeurs neuroendocrines pancréatiques. » Dr Alice DURAND, oncologue en charge du développement de la RIV en recherche clinique aux HCL

"Ces résultats confirment tout l’intérêt de l’approche théranostique, qui associe l’imagerie moléculaire par TEP à un traitement ciblé par radiothérapie interne vectorisée (RIV). Ils témoignent également de l’évolution de la médecine nucléaire, désormais pleinement impliquée dans le traitement des cancers. Cette dynamique est portée au sein du centre théranostique des HCL, au bénéfice des patients » Dr Anthime FLAUS, médecin nucléaire
 

Dernière mise à jour le :
Blocs libres

1  Thomas Walter, Henning Jann, Catherine Ansquer, Emmanuel Deshayes, Rocio Garcia-Carbonero, Alexandre Teulé, Richard P Baum, Hein J Verberne, Jarosław B Ćwikła, Rajaventhan Srirajaskanthan, Louis de Mestier, Chiara M Grana, Andreas Buck, Dieter Hörsch, Marianne Pavel, Lawrence O Dierickx, Michael Michael, Jonathan Strosberg, Attila Kollár, Paula Jimenez-Fonseca, Anja Rinke, Maribel del Olmo-García, Anthime Flaus, Jorge Hernando, Andreas Kluge, Monika Breuninger, Serhii Melnyk, Konstantin Zhernosekov, Jaume Capdevila, for the COMPETE Investigator Team*
[¹⁷⁷Lu]Lu-edotreotide versus everolimus for gastroenteropancreatic neuroendocrine tumours (COMPETE): a phase 3, multicentre, randomised, open-label, superiority trial.
The Lancet, Published online July 2, 2026. Lire l'article ici.

 

2 Baudin E, Durand A, Beron A, Smith D, Déandreis D, Taieb D, Ansquer C, Dierickx L, Deshayes E, Hentic O, Moalla S, Menu Y, Lebtahi R, Assenat E, Touchefeu Y, Guimbaud R, Dahan L, Lamartina L, Cheurfa N, Quak E, Bouhier-Leporrier K, Haissaguerre M, Hindie E, Cao CD, Lombard-Bohas C, Jannin A, Walter T, Ducreux M, Chaib S, Hadoux J, Foulon S.
[177Lu]Lu-dota-tate versus sunitinib in patients with metastatic progressive neuroendocrine tumours of the pancreas (OCLURANDOM): a randomised, controlled, phase 2 trial.
Lancet Oncol. 2026 Jun;27(6):699-710. doi: 10.1016/S1470-2045(26)00108-7. PMID: 42225102