Epilepsie : une étude menée aux HCL met en lumière des biomarqueurs facteurs de risque de mort subite

L’étude porte sur l’identification de biomarqueurs liés aux crises d’épilepsie, jusqu’alors non rapportés, qui pourraient entretenir une relation causale directe avec les mécanismes des SUDEP (morts subites et inattendues chez les patients souffrant d’épilepsie).

Une SUDEP est un décès non traumatique, sans lien avec un état de mal épileptique. Elle représente jusqu’à 50 % des décès prématurés liés à l’épilepsie, avec un risque cumulatif d’environ 10 % à 40 ans chez les patients présentant une épilepsie pharmacorésistante ayant débuté dans l’enfance. Le SUDEP se classe également au deuxième rang des causes neurologiques d’années potentielles de vie perdues, juste après l’accident vasculaire cérébral (AVC). En dehors de l’optimisation du traitement antiépileptique, aucune stratégie spécifique de prévention n’est actuellement disponible.

Les principaux facteurs de risque de SUDEP comprennent la présence, la fréquence élevée et la survenue nocturne de crises tonico-cloniques généralisées (GTCS), le fait de ne pas partager une chambre ou un logement ; ainsi qu’une observance insuffisante du traitement antiépileptique. Néanmoins, des progrès supplémentaires dans la compréhension, la prédiction et la prévention du SUDEP nécessitent l’identification de nouveaux biomarqueurs.

En s’appuyant sur une cohorte nationale initiée en 2010 et ayant impliquée tous les centres référents en France dans les épilepsies de l’adulte, l’étude a exploré des biomarqueurs liés aux crises d’épilepsie, jusqu’alors non rapportés, qui pourraient entretenir une relation causale directe avec les mécanismes du SUDEP. 

Le caractère prospectif de l’étude renforce également l’association déjà rapportée entre le SUDEP et certains facteurs de risque cliniques établis, notamment un indice de masse corporelle (IMC) élevé. Néanmoins, nous montrons surtout que la localisation du foyer épileptogène, hors du lobe temporal, est facteur de risque, indépendant des autres prédicteurs cliniques connus jusqu’à présent. En revanche, nos résultats suggèrent que la baisse de la saturation en oxygène pendant ou juste après une crise d’épilepsie ne constitue probablement pas un facteur de risque majeur de SUDEP.

L’identification d’un nombre accru de facteurs de risque indépendants de SUDEP offre la possibilité d’améliorer la stratification du risque et d’informer plus précisément les personnes atteintes d’épilepsie ainsi que leurs proches sur le risque individuel. Des études complémentaires et des initiatives de partage de données sont nécessaires pour confirmer ces résultats et les intégrer dans des modèles prédictifs complets.

Les données émergentes suggèrent également l’importance de nouvelles stratégies pour réduire le risque de SUDEP chez les personnes épileptiques, notamment une meilleure identification et prise en charge chirurgicale des épilepsies périsylviennes et du lobe frontal, ainsi que la prévention du surpoids.

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Seizure-related biomarkers of sudden unexpected death in epilepsy (SUDEP) in drug-resistant focal epilepsy (REPO2MSE): a prospective, multicentre case-control study
Philippe Ryvlin, Margaux Huot, Luc Valton, Louis Maillard, Fabrice Bartolomei, Philippe Derambure, Edouard Hirsch, Véronique Michel, Francine Chassoux, Jérôme Petit, Arielle Crespel, Arnaud Biraben, Vincent Navarro, Philippe Kahane, Bertrand De Toffol, Pierre Thomas, Sarah Rosenberg, Adriano Bernini, Anne-Laure Charlois, Laura Craciun, Fatima Chorfa, Pauline Ducouret, Axel Ferreira, Mathilde Leclercq, Manon Marty, Blanca Mercedes Alvarez, Milena Sampaio, Antoine Spahr, Noémie Timestit-Kurland, Maylis Touya, Pascal Roy, Sylvain Rheims, on behalf of the REPO2MSE study group
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L’étude REPO2MSE a été financée dans le cadre d’un PHRCI de 2009, par la DGOS