Les ressources biologiques, matière première de la recherche médicale

Avec plus de de 40 000 échantillons mis à disposition, donnant lieu à environ 500 publications scientifiques depuis sa création, le centre de ressources biologiques (CRB) des Hospices Civils de Lyon joue un rôle majeur dans les avancées médicales.

Le CRB des HCL, c’est cinq biothèques spécialisées constituées par une équipe d’une trentaine de professionnels ‒ techniciens, attachés de recherche clinique, ingénieurs, biologistes, médecins, juristes ‒, qui collectent, préparent, conservent, mettent à disposition et gèrent des échantillons biologiques de haute qualité pour les chercheurs de France et du monde entier.

Plus de 720 000 échantillons biologiques sont stockés au CHU de Lyon, que ce soit à température ambiante, à - 80 °C dans 49 congélateurs ou à - 196 °C dans 27 cuves d’azote, répartis dans trois groupements hospitaliers. Cette ressource est aussi vaste que diversifiée : organes, cellules, os, muscles, cornées, ongles, peau, cheveux, microbiote fécal, ADN, sang, plasma, plaquettes, liquide céphalorachidien… et même des virus, bactéries, champignons et parasites de toute sorte (jusqu’au niveau de risque 31).

« En 2023, le CRB des HCL comptait 318 collections à visée scientifique, soit autant de pathologies identifiées », résume Margot Delhorme, cheffe de projet du CRB à l’hôpital Lyon Sud.

Ces échantillons biologiques proviennent principalement de recherches impliquant la personne humaine, terminées ou en cours aux HCL.

« La collecte et l’utilisation des échantillons biologiques humains sont soumises à une réglementation stricte qui diffère selon la provenance et les modalités d’obtention de l’échantillon », souligne Tiphaine Delarocque, juriste à la direction de la recherche en santé.

Quand un échantillon est prélevé ou recueilli spécifiquement pour un projet de recherche, celui-ci doit être porté par un promoteur et respecter la réglementation sur la recherche impliquant la personne humaine. 

À l’inverse, lorsque les échantillons sont collectés dans le cadre du soin (« fonds de tubes »), ces recherches sur échantillons sont assimilées à une recherche sur données, et sont astreintes à une réglementation différente de la recherche impliquant la personne humaine. Lors de la pandémie Covid de 2020, l’activité du CRB a été modifiée par l’urgence d’accéder à des échantillons biologiques humains pour la recherche. L’utilisation de ces fonds de tubes, c’est-à-dire des résidus issus des analyses biologiques à visée diagnostique, a donc été renforcée, permettant ainsi de valoriser des échantillons destinés à être détruits. Les fonds de tubes sont les résidus issus des analyses biologiques à visée diagnostique.

« La réglementation impose une période de conservation avant destruction ; nous récupérons ces échantillons après analyse pour les requalifier en recherche, sous réserve de la non-opposition des patients », indique Margot Delhorme. 

Variété, traçabilité, qualité

Ces fonds de tubes contiennent une diversité inégalée de maladies et de variations génétiques, susceptibles de répondre aux demandes les plus détaillées. Autant de données pseudonymisées, traitées par les coordinatrices du CRB, garantissant la traçabilité clinico-biologique des ressources et préservant l’anonymat des patients. Ces échantillons requalifiés sont précieux car ils permettent de développer des traitements plus rapidement ou d’améliorer la précision des diagnostics.

« En 2023, près de 45 000 échantillons ont été cédés dans plus de 300 projets de recherche, avec une moyenne de 22 échantillons par demande », souligne Léa Marchand, cheffe de projet du CRB de l’hôpital de la Croix-Rousse. Par exemple, « fin 2022, BioMérieux nous a sollicités pour mille échantillons VIH associés à diverses pathologies, dans le but de tester un kit de détection du virus de l'immunodéficience humaine ».

Et depuis 2022, avec la collecte d’échantillons de selles ‒ on parle de « fécalothèque » ‒, de nombreux projets de recherche dans le domaine du microbiote sont désormais possibles.
Le CRB des HCL peut s’enorgueillir de prestations sur mesure en cancérologie, cardiologie, hématologie, fœtopathologie, neurologie, urogynécologie, pneumologie, pédiatrie, infectiologie, immunologie, hépatologie et dans les maladies rares. La qualité2 et la diversité des ressources biologiques permettent de répondre à toute demande, « de la plus simple à celle comprenant le plus grand nombre de critères », illustre Anthony Terra, référent « cessions » du CRB. Un atout fortement apprécié de la cinquantaine de partenaires académiques et de la trentaine de partenaires du secteur privé qui font appel aux HCL pour faire avancer leurs projets de recherche et d’innovation, que ce soit à visée diagnostique ou thérapeutique.

1 Les agents biologiques pathogènes sont classés par groupe. Les micro-organismes de classe 3 provoquent des maladies graves pour lesquelles il existe une prophylaxie ou un traitement efficace.
2 Le CRB est certifié ISO 20387, norme internationale qui atteste de la qualité des échantillons et des données associées.

 

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Blocs libres

En 2023, l’activité du CRB des HCL a représenté près de 2,160 millions d’euros de recettes, dont 95 % sont réinvestis dans les ressources humaines, les équipements, réactifs et consommables de laboratoire. De cette expertise ont résulté quelque 500 publications scientifiques.