Lumière sur la recherche sur l’endométriose aux HCL
L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire qui touche entre 1,5 et 2,5 millions de femmes en France. Il s’agit d’une affection bénigne, définie par la présence de tissu endométrial (muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus) en position anormale à l’extérieur de l’utérus. Souvent complexe, le diagnostic de cette maladie nécessite parfois le recours à des examens invasifs tels que la cœlioscopie, engendrant des risques et des inconforts. Aujourd’hui encore, elle est diagnostiquée avec un retard moyen de sept années. L’un de ses principaux symptômes est la douleur chronique : douleurs menstruelles mais aussi douleurs pelviennes en-dehors des menstruations, douleurs pendant les relations sexuelles, douleurs gastro-entérologiques, musculaires, neurologiques. Les femmes atteintes d’endométriose peuvent également être touchées par l’infertilité.
Les HCL fortement engagés dans la prise en charge de l'endométriose
Depuis janvier 2024, les Hospices Civils de Lyon proposent un parcours de soins pluridisciplinaire de l’endométriose, du diagnostic aux traitements médicaux et chirurgicaux, en passant par l’assistance médicale à la procréation. Au-delà de ce parcours de soins, plusieurs équipes travaillent également à des travaux de recherche, pour mieux comprendre la maladie, faciliter le diagnostic et améliorer la prise en charge des femmes touchées.
ENDOPSY : une étude pour mieux faire reconnaître l’importance de l’accompagnement psychologique
Au-delà des symptômes physiques, les patientes atteintes d'endométriose peuvent avoir du mal à exprimer ce qu'elles vivent, en raison du tabou lié aux règles. Trop souvent, la douleur est minimisée, la parole des femmes mise en doute… ce qui retarde le diagnostic et la prise en charge. La maladie impacte ainsi profondément la qualité de vie, aussi bien sur le plan physique que psychologique, avec un risque accru d’anxiété et/ou de dépression.
L’étude ENDOPSY, portée par le service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Lyon Sud, s’ancre dans le plan national de lutte contre l’endométriose. Son objectif : améliorer la prise en charge globale des femmes qui en souffrent, en apportant de nouvelles connaissances sur cette maladie encore mal connue, dans le champ de la médecine comme de la psychologie. Cette étude cherche à montrer la pertinence d’une prise en charge psychologique pour les femmes atteintes d’endométriose.
Cette recherche exploratoire va évaluer trois dispositifs complémentaires :
- Un accompagnement psychologique individuel, qui favorise l’expression autour du vécu douloureux de la maladie, lors de rencontres en face à face avec un psychologue ;
- Un accompagnement psychologique groupal, qui permet à un groupe de femmes d’échanger et de partager autour de leur vécu commun, mais aussi de se soutenir et d’évoquer leurs différences ; ENDOPSY propose ces rencontres dans le cadre d’ateliers de socio-esthétique, dans lesquels priment le soin de soi et de son corps ;
- Un dispositif mixte, lors duquel les femmes bénéficieront à la fois de séances psychologiques individuelles et groupales.
40 femmes participeront à cette étude : les effets des dispositifs psychologiques seront évalués par des entretiens, des tests de personnalité et des auto-questionnaires. Les objectifs sont clairs : démontrer l’importance d’un accompagnement psychologique dans la prise en charge plurisdiscipliaire de l’endométriose, et contribuer à faire évoluer les pratiques de soin et le regard sociétal sur cette maladie.
Progrès de l’étude ENDOBEST : validation d’un test diagnostic non-invasif
L’endométriose est une maladie fréquente mais encore trop souvent difficile à diagnostiquer. Beaucoup de femmes souffrent pendant des années avant d’obtenir une réponse claire. Aujourd’hui, le diagnostic repose souvent sur l’imagerie (IRM, échographie) ou parfois sur une chirurgie ; mais dans certains cas, ces examens restent négatifs ou incertains malgré des symptômes importants. C’est dans ce contexte qu’un nouveau test innovant a été développé : un test salivaire appelé Endotest®. Ce test analyse de petites molécules présentes dans la salive, appelées microARN. Il ne nécessite ni prise de sang ni intervention chirurgicale.
Une grande étude française, appelée ENDOBEST, est actuellement en cours. Elle inclut des femmes ayant des symptômes évocateurs d’endométriose mais sans diagnostic formel. L’objectif est de voir si ce test peut aider les médecins à mieux décider de la prise en charge. Le test a déjà montré des performances intéressantes avec notamment une fiabilité de 96,6%, mais il doit être évalué en conditions réelles. L’un des enjeux majeurs est de réduire le recours à la chirurgie diagnostique, parfois évitable. Un autre objectif est d’accélérer le diagnostic et ainsi d’améliorer le parcours de soins.
Le Ministère de la Santé a sélectionné 80 établissements de santé pour expérimenter l’Endotest®. Dans ce cadre, les HCL ont été un acteur majeur avec deux hôpitaux engagés : l’hôpital Lyon Sud et l’hôpital de la Croix-Rousse.
« Si les résultats sont positifs, ce test pourrait changer la prise en charge de nombreuses femmes. Il pourrait offrir une solution simple, rapide et non invasive. À terme, cela contribuerait à mieux reconnaître et traiter l’endométriose plus tôt. Un progrès important pour la santé et la qualité de vie des patientes. » Pr François Golfier, Chef du Service de Chirurgie Gynécologique et Cancérologique – Obstétrique à l’hôpital Lyon Sud